Actualité de l'assurance : pertes d'exploitation

MMA prévoit une « indemnité de crise sanitaire » pour ses assurés professionnels

Publié le 01 mai 2020
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MMA fait partie du groupe Covéa, qui réunit aussi MAAF et GMF

L'indemnisation des pertes d'exploitation est un sujet plus que tendu dans le monde l'assurance à l'heure actuelle. À son tour, le mutualiste MMA (groupe Covéa) a annoncé une action solidaire envers ses assurés professionnels, une « indemnité de crise sanitaire ». À savoir que cette aide sera complètement indépendante des garanties souscrites par l'assuré.

Une « indemnité de crise sanitaire » de la part du mutualiste MMA

C'est désormais MMA qui a choisi d'annoncer une indemnisation des pertes d'exploitation à destination de ses assurés professionnels. L'assureur mutualiste du groupe Covéa (MMA, Maaf, GMF), versera une « indemnité de crise sanitaire » à l'ensemble de ses clients ayant souscrit une assurance multirisque professionnelle comprenant une garantie perte d'exploitation après incendie.

En outre, cette indemnisation ne se substituera pas aux garanties déjà souscrites dans le contrat de l'assuré : « Cette indemnité s'ajoute aux dispositions contractuelles, indépendamment de toutes garanties qui pourraient être dues ». MMA fait donc preuve d'un geste commercial en bonne et due forme, dans un contexte où il est difficile de refuser les actes de solidarité.

« Nous savons à quel point ces entreprises souffrent de la crise COVID-19. Pourtant elles agissent et trouvent des solutions pour s'en sortir. Et elles attendent la même chose de nous, leur assureur : que nous leur apportions notre soutien financier, concrètement, tout en respectant les règles fondamentales de l'assurance », a expliqué Didier Bazzocchi, directeur général de MMA. Les secteurs concernés par cette aide seront plus particulièrement : commerces de détail non-alimentaire, cafés, restaurants, hôtellerie, services, automobile ainsi que le secteur du BTP.

Une initiative à l'image de celles d'autres assureurs concernant les pertes d'exploitation

Mais MMA est loin d'être le premier assureur à avoir fait preuve de solidarité durant cette crise pandémique de coronavirus COVID-19. Récemment, le Crédit Agricole et sa filiale CIC ont mis 200 millions d'euros à contribution pour indemniser les pertes d'exploitation des entreprises touchées par cette crise. Groupama a également débloqué 400 millions d'euros à destination des personnes touchées par le virus. La FFA a également levé un fonds de 200 millions d'euros à destination des TPE et PME, particulièrement impactées.

Et dans un tel contexte, la passivité du monde de l'assurance au début de la pandémie a été vivement critiquée. Le président de la République Emmanuel Macron avait notamment invité les assureurs à se mobiliser durant son allocution du 16 avril 2020. Suite à cela, plusieurs acteurs de l'assurance en France avaient invoqué un « devoir moral » pour procéder à des indemnisations tandis que le reste du secteur était fermement campé sur ses positions :  un risque pandémique ne peut être couvert par un contrat et donc donner lieu à une indemnisation.

Le monde de l'assurance est en guerre autour des indemnisations des assurés professionnels

De facto, le secteur de l'assurance est très tendu. D'après les Échos, certains assureurs mutualistes et sociétés anonymes d'assurance ont demandé une réunion de la Commission de déontologie de la FFA (Fédération française de l'assurance). Ces derniers dénoncent « une entorse extrêmement grave à la déontologie de la profession », « un préjudice majeur pour la réputation de tous ses acteurs » mais également une « inacceptable concurrence déloyale ».

Plusieurs compagnies d'assurance sont en danger en termes de solvabilité et craignent que les bancassureurs s'accaparent leur clientèle par ces opérations commerciales. AGEA (Fédération nationale des syndicats à agents généraux d'assurance : Axa, Allianz, MMA, Generali) a également saisi l'ACPR (Autorité de contrôle prudentiel et de résolution) et fait la demande d'une enquête sur ces initiatives du Crédit Mutuel, ainsi que d'une sanction éventuelle sur des « actions inexactes, déloyales, trompeuses et préjudiciables aux clients ». Le Crédit Mutuel rétorque : « Nous sommes solidaires de la profession sur la perte d'exploitation, mais nous considérons qu'il faut aider les clients très vite pour leur permettre de rester en activité ».

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