Actualité de l'assurance : pertes d'exploitation

Le chiffre d'affaires des commerces en baisse à cause des grèves

Publié le 16 décembre 2019
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Les transports en commun sont fortement perturbés par la grève interprofessionnelle de 2019

Depuis le jeudi 5 décembre, une grève interprofessionnelle sans précédent concernant notamment la SNCF et la RATP fait rage. Les transports en commun sont fortement perturbés, l'économie du pays est touchée et les commerces souffrent. Et ces grèves sont d'autant plus meurtrières qu'elles ont lieu en période de fêtes, habituellement très bonnes pour le chiffre d'affaires de ces entreprises.

Un ralentissement de l'activité économique

La mobilisation contre la réforme des retraites du gouvernement Philippe dure déjà depuis plus d'une semaine. Le secteur le plus impacté est bien celui des transports en commun : TGV, TER, intercités, RER, métros, bus... tous les modes de transport sont touchés et le peu restant à disposition est saturé. Les autoroutes et autres boulevards périphériques sont complètement bouchés. Il devient très difficile de se rendre au travail et quasi impossible d'y être à l'heure. Ceux qui ont choisi de travailler doivent également trouver des solutions alternatives pour pallier le manque de transports : marche, vélo, trottinette, covoiturage...

Habituellement, les périodes de fêtes sont une bonne nouvelle pour les commerçants et artisans : leur chiffre d'affaires augmente car la clientèle se presse aux portes des magasins. Le chiffre d'affaires annuel de certaines entreprises dépend même de ce moment bien précis de l'année. Malheureusement, la grève les pousse à revoir toute leur organisation, leur agenda, et leur fréquentation est en chute libre. Les clients se font rares dans les boutiques et chaque jour de plus dans un tel environnement est économiquement meurtrier.

De plus, de nombreux salariés sont contraints de prendre des congés sans solde car leur lieu de travail est rendu inaccessible. C'est à double tranchant : d'une part, ces derniers peuvent se mettre en danger économique car ils ne touchent plus de salaire, d'autre part, il est extrêmement complexe pour une entreprise de devoir gérer la boutique avec un tel manque de main d’œuvre. Il est toutefois possible de s'assurer contre ces risques tels que les absences via une assurance pertes d'exploitation comprenant entre autres une garantie impossibilité d'accès.

Aménager les horaires pour s'adapter aux perturbations

Pour tenter de contrebalancer les effets délétères de cette grève, les commercent aménagent leurs horaires et emplois du temps. Ainsi, on ferme plus tôt pour permettre aux employés de rentrer chez eux, tandis que certains choisissent de rester plus longtemps pour s'occuper du travail qui ne peut pas être fait à cause des absences. Les employés arrivent tant bien que mal sur leur lieu de travail à l'heure qu'ils peuvent. Dans certains magasins, plus d'un tiers des employés sont absents.

Il devient complexe pour les livreurs et les commerçants de trouver des horaires arrangeants. Bernard Salter, président de la Chambre des métiers de l'artisanat explique à Europe 1 : « Les grévistes mettent la pression sur le gouvernement, mais ils sont aussi en train de casser et de mettre à genoux l’économie de notre pays. Ils se tirent eux-même une balle dans le pied. J'entendais un gréviste expliquer qu’il peut perdre jusqu'à 600 euros en faisant grève. Mais parfois, c'est le salaire mensuel d’un artisan ! Il est temps que cela s'arrête. »

Une grève qui ne concerne pas que l'Île-de-France, mais aussi la province

De l'extérieur, on pourrait croire que la capitale est la principale victime de cette grève. Au vendredi 13 décembre, huit lignes de métro étaient toujours fermées. Les RER ne circulent plus à l'intérieur de Paris et la saturation dans les transports crée des comportements dangereux. Mais en province, les commerces sont eux aussi très touchés par le mouvement social.

La peur des commerçants et artisans se confirme : ils comptaient sur 2019 pour redonner un peu de dynamisme à leur activité, pour compenser les pertes engendrées par le mouvement des Gilets Jaunes. Mais pour eux, le scénario qui se profile est peut-être le pire qu'ils aient connu : deux années de suite de pertes conséquentes suites à des perturbations durant les fêtes.

Les centres-villes sont bloqués, de grandes rues commerçantes se situent sur le parcours des manifestations, des dégradations et actes de vandalisme sont parfois engendrées... si bien que nombre de consommateurs préfèrent s'orienter sur des boutiques en ligne pour effectuer leurs achats de Noël et pour le Nouvel An. À Grenoble par exemple, le trafic des tramways a été interrompu en milieu d'après-midi à cause des manifestations. Le centre-ville a été déserté de tous ses clients potentiels. Marie-Noëlle, une fleuriste est aux abois : « Je n’ai jamais vu ça, et ça fait 32 ans que je suis là. Il n’y pas une seule voiture qui passe. Que faut-il faire ? »

Dès lors, la semaine prochaine sera déterminante pour ces commerçants, dernière chance pour voir leur chiffre d'affaires remonter un peu. Pour Emmanuel Le Roch, délégué général de Procos, la fédération des enseignes spécialisées, une poursuite de la grève jusqu'à Noël serait « catastrophique pour les commerçants. Le secteur est déjà très affaibli par l'année passée. Certains commerces n'y survivront pas. »

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