Actualité de l'assurance : pertes d'exploitation

Coronavirus : les assureurs vont-ils indemniser les organisateurs d'événements ?

Publié le 13 mars 2020
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Le port d'un masque chirurgical est recommandé si vous présentez des symptômes

L'épidémie du coronavirus COVID-19 poursuit son expansion en Europe et a fortiori dans le monde. L'Italie a déjà déclaré l'état de quarantaine nationale, la France est au stade 2 et se prépare au stade 3 et les rassemblements de plus de 1 000 participants ont été interdits au niveau national jusqu'au mois d'Avril. Mais les organisateurs d'événements pourront-ils être assurés face aux pertes engendrées par le virus ?

Événementiel : les rassemblements de plus de 1 000 participants interdits à cause du coronavirus

« A l'échelle nationale, tous les rassemblements de plus de 1 000 personnes sont désormais interdits. Les préfets, les ministères feront remonter une liste d'événements considérées comme utiles à la vie de la nation », a déclaré Olivier Véran, ministre de la Santé suite à un Conseil de Défense à l'Élysée. Au départ, le gouvernement avait « seulement » interdit les rendez-vous de plus de 5 000 personnes jusqu'au 31 mai 2020, mais face à l'urgence de la situation, la mesure a été mise à jour (elle se durera finalement que jusqu'au 15 avril, a priori).

De facto, de nombreux organisateurs ont dû reporter voire annuler leur événement culturel ou sportif. Le marathon de Paris et les Foulées de Bayeux ont par exemple été reportés. Le Paris Manga et Sci-fi Show ainsi que le Salon du livre ont été annulés. Quant aux festivals, Mythos à Rennes craint lui aussi l'annulation. Par ailleurs, quelques mesures et précautions contre ce coronavirus sont vivement recommandées aux entreprises.

De nombreux doutes planent autour des assurances annulation pour les événéments

De leur côté, les courtiers et assureurs se trouvent dans un véritable casse-tête. Axa, Generali, Allianz ou encore Circles Group doivent répondre dans l'urgence aux demandes d'indemnisations des organisateurs. « Sur le marché français, 80 % des grands événements sportifs et culturels sont assurés 6 mois à 1 an à l'avance et pour eux la garantie contre l'épidémie est acquise », allègue Laurent Cellot, directeur chez le courtier Gras Savoye Willis Towers Watson.

Pourtant, avec l'augmentation du coût des grands risques, les récentes grèves et manifestations, non seulement en France mais aussi à l'international comme à Hong Kong ou encore au Chili, les assureurs sont de plus en plus réticents envers les entreprises. La garantie perte d'exploitations sans dommages est entre autres toujours plus boudée par les compagnies d'assurances.

« En cas d'annulation, les organisateurs peuvent obtenir un remboursement de leurs frais. En cas de report, les assureurs acceptent de prendre en charge les frais supplémentaires engendrés par celui-ci », détaille Laurent Cellot. Mais tous les acteurs du monde de l'événementiel ne disposent pas nécessairement d'une assurance annulation pour leur activité.

Le « risque coronavirus » est désormais toujours exclu des garanties

« Il est encore difficile de déterminer si les clients sont couverts par les contrats d'assurance annulation d'une manière générale, analyse la directrice du courtier Siaci Saint Honoré Antonella Spinella. En effet, les garanties et exclusions varient d'un contrat à l'autre, excluant pour certains, entre autres, la notion de SRAS et toutes formes virales apparentées ou toutes épidémies. » Mais certains pressentent déjà d'importantes pertes pour les organisateurs.

Ce qui est sûr, c'est qu'à présent, les assureurs ont décidé d'exclure de façon systématique le risque coronavirus pour tous les contrats récents (depuis janvier). Tandis que du côté des organisateurs, les demandes de rachat d'exclusions épidémies et pandémies fusent. Il semblerait néanmoins que Circles Group acceptait jusqu'en février de couvrir ses clients contre le COVID-19. Mais cela s'échangeait contre monnaie sonnante et trébuchante et l'assureur a déjà refermé son offre.

Les Jeux Olympiques, « la plus grosse crainte des assureurs »

Mais la plus grande source de crainte des assureurs est bien l'annulation en règle des Jeux Olympiques de Tokyo. « L'impact d'une annulation des JO serait dans tous les cas catastrophique pour le marché de l'assurance annulation », conclut le directeur de chez Gras Savoye Willis Towers Watson. Munich Re estime à 100 millions d'euros sa propre facture pour en cas d'annulation des JO de 2020.

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