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Covid-19 : vers un couvre-feu ? Les restaurateurs s'inquiètent

Publié le 16 octobre 2020
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L'Île-de-France va-t-elle connaître un couvre-feu ?

D'après les autorités sanitaires, la crise de Covid-19 ne semble pas ralentir avec un taux de positivité qui ne cesse de croître. Pour lutter contre la progression de la pandémie, le gouvernement envisage peut-être de mettre un place un couvre-feu. Mais cela n'est pas sans inquiéter les restaurateurs déjà très touchés, pour qui de nouvelles restrictions pourraient s'avérer fatales.

Comment un couvre-feu serait-il instauré ?

Le scénario du couvre-feu national ou seulement territorial en France semble de plus en plus tangible. Il s'agirait d'une mesure intermédiaire entre un possible reconfinement et les mesures déjà en place en France et plus particulièrement dans les grandes métropoles (fermeture des bars à 22 heures voire totale, restrictions pour les restaurateurs...). Le mardi 13 octobre, un Conseil de défense en présence du président de la République Emmanuel Macron a effectivement été tenu pour juger d'un potentiel recours à un couvre-feu.

Un tel couvre-feu concernerait plus particulièrement les jeunes adultes, de plus en plus sujets à la contamination. D'après les données de l'ARS (Agence régionale de santé), le taux d'incidence à Paris pour la tranche des 20-29 ans excède les 800 cas pour 100 000 individus, alors que le seuil d'alerte est établi à 50 cas pour 100 000.

Cette mesure est habituellement adoptée lors de cas de violences urbaines particulièrement importantes. Elle avait déjà été utilisée lors des émeutes de 2005 après la mort de Zyed et Bouna dans le transformateur électrique à Clichy-sous-Bois. Il reste au ministre de la Santé Olivier Véran de prescrire « toute mesure proportionnée aux risques courus et appropriée aux circonstances de temps et de lieu afin de prévenir et de limiter les conséquences des menaces possibles sur la santé de la population ». A savoir que si la mesure est adoptée, il reviendra aux maires et préfets d'en assurer l'application.

Les autorités sanitaires jugent nécessaire un couvre-feu

De leur côté, les autorités de santé se montrent plutôt favorables à l'application d'une telle mesure. Dans son dernier avis publié le 22 septembre, le Conseil scientifique préconisait cette mesure « forte » et « très contraignante », mais prévenait également qu'elle pourrait ne pas être « acceptée » par la population française alors que les hôpitaux ne sont pas saturés.

« On ne sait pas répondre sur le plan scientifique parce que ce n’est pas une situation classique. On sait que le Conseil scientifique le préconisait depuis le 22 septembre ce couvre-feu. L'objectif est de réduire la circulation des individus, en particulier les fêtes nocturnes. Ça correspond déjà à ce qui se fait en Guyane et ça semble donner des résultats favorables », expliquait Alain Ducardonnet, consultant santé de BFMTV.

Les restaurateurs sont inquiets à propos d'un tel scénario

Les restaurateurs sont bien évidemment dans la crainte d'une telle mesure, dont la ministre déléguée chargée de la Citoyenneté Marlène Schiappa n'a pas exclue la possibilité pour la région Île-de-France sur LCI. « Un couvre-feu à 23 heures serait un nouveau coup dur pour la profession. Cette décision pourrait représenter jusqu'à 3 heures d'activités en moins et l'impossibilité d'assurer un deuxième service dans certains établissements », redoute Franck Trouet, porte-parole du Groupement National des Indépendants de l'hôtellerie et restauration (GNI).

Le risques est grand : une perte importante en chiffre d'affaires car les coûts demeurent les mêmes à partir du moment où le restaurant est ouvert. « Les professionnels se sont déjà réorganisés pour intégrer le nouveau protocole donc tout changer encore pourrait accabler les établissements. Avant l'apparition de la deuxième vague, selon notre sondage, près de 16 % des professionnels confiaient être sur le point de mettre la clé sous la porte. Aujourd'hui, ce chiffre pourrait monter à 20 %, c'est une catastrophe », avertit le Franck Trouet.

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