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Covid-19 : le marché du cuir ne peut écouler ses stocks massifs

Publié le 16 septembre 2020
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vache-cuir

Les collecteurs de peaux n'ont pas arrêté de travailler malgré la chute de la demande en cuir

La crise de Covid-19 et les multiples mesures de confinement par-delà le monde ont grandement perturbé les marchés, notamment celui du cuir. Intimement lié à l'industrie de la viande, ses stocks se sont accumulés depuis plusieurs mois. À l'heure actuelle, un problème de stockage de ce cuir excédentaire se pose. Comment gérer un tel excédent ?

Un secteur intimement lié à l'industrie de la viande

Durant cette crise, l'industrie de la viande ne s'est pas arrêtée, bien au contraire. De facto, les stocks en cuir ont fortement alimentés. La consommation de viande a bien entendu subi l'impact de la crise et a été quelque peu perturbée mais la demande ne s'est pas brutalement stoppée. Le cuir, en revanche, a vu sa consommation chuter drastiquement. Durant le confinement, les collecteurs de peaux n'ont pas cessé leurs activités pour une raison très simple : sans la collecte, les abattoirs n'auraient pas pu poursuivre la production.

Le CNC (Conseil national du cuir) va donc organiser lundi prochain la deuxième édition de son forum en faveur d'une gestion responsable du cuir. L'événement aura lieu au sein d'une filière fournissant maroquinerie, chaussures, habillement et ameublement. « Les tanneurs français se sont arrêtés, les clients internationaux aussi et les collecteurs de peaux se sont heurtés à un mur », explique Denis Cazenave, responsable ovins du Syndicat général des cuirs et peaux (SGCP).

Les stocks accumulés durant la période de crise sont massifs

Dans ce contexte, la capacité de stockage des collecteurs est presque atteinte. Au total, pas moins de 2 millions de peaux de bêtes étaient stockées au début du mois d'août pour une filière française du cuir réunissant une quarantaine d'entreprises de collecte pour un nombre de salariés autour de 400, d'après le SGCP. « Pour les peaux retournées [ndlr : les peaux comprenant de la laine sur l'une des faces], j'ai un an de stock, je n'ai jamais vu cela en 40 ans de travail », allègue Denis Cazenave, qui s'inquiète de ne plus pouvoir faire sa collecte.

D'autant plus qu'il peut être très long, entre six mois et deux pour pour se procurer une autorisation et ouvrir un lieu de stockage. Il faut également prendre en compte une donnée capitale du marché du cuir : 80 % de la marchandise est destinée à l'exportation. En France, le marché se positionne sur le segment du luxe au sin duquel « dans le meilleur des cas que 20 % des peaux » sont effectivement utilisées.

La question de la gestion des stocks excédentaires

Mais comment gérer les stocks excédentaires ? La question est ardue. D'ailleurs, le prix moyen d'une peau de vache a diminué de moitié par rapport à 2018, où il était d'à peu près 80 euros. Cela ne sera pas sans répercussions. « Nos entreprises ont encore des capacités de stockage, mais ce n'est pas durable, relate Mathieu Pecqueur, directeur général du syndicat professionnel Culture viande. C'est un très gros motif d'inquiétude ». Il ajoute : « l'accumulation des coûts ne peut que se répercuter sur le prix de la viande ».

Au premier abord, il semblerait que le stockage du cuir, une activité générant autour de 400 millions d'euros par an, ne pèse pas tant dans la balance. Toutefois, Frank Boehly, président du CNC affirme que ce stockage est « essentiel à la filière alimentaire », et que c'est également « grâce à ces entreprises aussi que les Français ont pu manger de la viande pendant le confinement.

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