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Livraison à domicile : les difficultés des coursiers en période de confinement

Publié le 16 novembre 2020
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La concurrence entre les livreurs en période de reconfinement est rude

Dans les grandes villes, l'activité de coursier pour les entreprises de la « Food-tech » (Ubereats, Deliveroo, Just Eat...) est déjà très implantée. Mais avec « l'uberisation » toujours plus importante du marché et l'essor de la livraison en période de confinement, la concurrence est rude. Les salaires sont en baisse, l'activité est intense et les questions de statut font toujours débat.

Reconfinement : une concurrence toujours plus acharnée entre les coursiers

En France, ils seraient plus de 50 000 et ce nombre ne cesse d'augmenter au fil du temps. Toute la journée, ils arpentent les rues des grandes villes pour livrer repas à domicile ou même au travail à divers clients. Intuitivement, on aurait pu penser que le reconfinement allait à nouveau leur profiter, la situation stimulant la demande en livraison.

Toutefois, la réalité n'est pas la même. En effet, les rémunérations des courses ont diminué. « C'est la grosse galère, je me fais tout juste 20 euros entre 11 heures et 14 heures », confie un livreur travaillant à la fois pour Ubereats, Deliveroo et Just Eat à Marianne. De fait, de nombreux coursiers disposent de comptes sur toutes ces applications afin de maximiser leurs gains suite à la baisse de rémunération des courses. Deliveroo est par exemple passé de 7,50 euros de l'heure ajoutées à un bonus d'entre 2 et 4 euros par livraison à un tout autre système : 2 euros pour la récupération d'une commande, 1 euro pour la livraison en plus d'une variable dépendant de la distance de la course, des conditions météos et de la demande dans le secteur.

Et si le premier confinement n'avait pas connu de hausse significative du nombre de livreur, les choses sont quelques peu différentes pour ce reconfinement. La crainte du Covid est moins présente et les leçons du premier confinement ont poussé de nombreuses personnes à entamer une activité de coursier.

Des situations précaire pour les livreurs

Au fil du temps, le profil des coursiers s'est diversifié. Au départ, l'on retrouvait plutôt des étudiants ou chômeurs en fins de droits. Aujourd'hui et depuis que le métier attire, des personnes en situation plus précaire choisissent de devenir coursier, à très grande majorité des hommes et dont la moitié ne possède pas de qualification. Et avec la forte demande, l'augmentation des temps de travail et les conditions difficiles, les accidents sont de plus en plus fréquents.

En outre, on constate un phénomène de sous-location des comptes livreurs à des sans-papiers. Ces derniers pourraient payer entre 200 et 500 euros par mois un compte à un livreur attitré. Cela contribue à précariser encore plus la profession. « On multiplie les contrôles pour y remédier », allègue Damien Steffan, porte-parole de Deliveroo France.

Micro-entreprise : des questions de statut

Pour pouvoir exercer, les livreurs doivent créer leur propre micro-entreprise, avec tout ce que cela peut impliquer dans le cadre de la livraison de denrées alimentaires : moyen de déplacement, équipements, smartphone mais également assurances micro-entreprise, marchandises transportées, garantie de pertes de marchandises sous température régulée...

De nombreux livreurs militent pour voir leur contrat requalifié. « Des centaines de procédures sont en cours devant les Prudhommes où se succèdent des livreurs réclamant la requalification de leur « contrat de prestation de travail » en véritable contrat de travail », explique le fondateur du Collectif des livreurs autonomes de Paris (CLAP) Jérôme Pimot.

Rappelons qu'au mois de mars dernier, la Cour de cassation avait requalifié le statut des auto-entrepreneurs Uber en salarié. Cette mesure pourrait-elle se généraliser à l'ensemble des indépendants du secteur ? Certains micro-entrepreneurs sont prêts à manifester pour défendre leurs revendications.

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