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Médecine : l'e-prescription pour remplacer l'ordonnance papier ?

Publié le 21 février 2020
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L'ordonnance numérique devrait être généralisée d'ici 2022

À l'ère du numérique, de nombreux corps de métiers digitalisent leurs activités. Alors, pourquoi pas digitaliser l'ordonnance médicale ? De fait, la prescription numérique fait déjà partie du plan Santé 2022 du gouvernement et est en phase de test dans trois départements. Mais au-delà de son utilité évidente, l'e-prescription pose quelques défis techniques.

L'ordonnance papier : une dépense faramineuse en papier

Il faut savoir qu'aujourd'hui, l'Assurance maladie recense au total plus d'un milliard de prescriptions par an (toutes prescriptions confondues). Et cela n'est pas sans conséquence : la dépense en papier pour imprimer toutes ces ordonnances est phénoménale. Mais, à court terme, la prescription papier devrait céder sa place à la prescription numérique, qui fluidifiera également les échanges entre médecins et pharmaciens par rapport au patient.

L'e-prescription est intégrée au projet « transformation numérique » du plan Santé 2022 mis en place par le gouvernement en avril 2019. À terme, elle concernera les ordonnances de médicaments, actes de biologie, de kinésithérapie et infirmiers par tous les médecins et auxiliaires médicaux en ville et en établissement de santé.

L'e-prescription pour sécuriser et tracer les données

En dehors de ce premier objectif « vert » de réduire la consommation de papier, l'e-prescription a pour but de sécuriser et tracer les prescriptions médicales. La digitalisation passe nécessairement par la création de bases de données ; ces dernières seront partagées entre les professionnels de santé et les pharmaciens. En outre, ces prescriptions digitales seront articulées avec le Dossier médical partagé (DMP) afin de faciliter l'accès au dossier du patient. Depuis début novembre, plus de 8 millions de DMP ont été créés.

L'e-prescription comporte aussi d'autres avantages. Elle permettra par exemple d'assurer la livraison des médicaments en cas de perte de l'ordonnance, mais également de mettre en lumière les potentielles contre-indications, dans le cas où le patient suivrait plusieurs traitements. De plus, cela facilitera la consultation à distance, le médecin pouvant disposer d'un accès direct au dossier du patient sans nécessiter de rencontre physique. Les risques de mauvaise lecture de l'ordonnance sont par ailleurs réduits avec la digitalisation.

Pas de changement pour le remboursement des patients

La CNAM (Caisse nationale de l'assurance maladie) a également indiqué que rien ne changera pour les patients ; cela devrait faciliter la transition. En mars 2019, un premier bilan de l'expérience avait été dressé et avait dénombré environ 25 000 e-prescriptions (2 500 par mois). À la moitié de mois de janvier 2020, étaient recensés une centaine d'expérimentateurs ainsi que 70 000 prescriptions numériques. Un nouveau bilan sera rendu avec la participation des pharmaciens et médecins généralistes du projet d'ici la fin du premier semestre.

Quelques limites à cette digitalisation ?

Quelques obstacles à la digitalisation intégrale de la prescription médicale subsistent encore. Premièrement, il est nécessaire de certifier les logiciels d'aide à la prescription. À l'heure actuelle, seulement deux d'entre eux auraient été « agréés ». Les médecins sont également inquiétés par une trop grande centralisation des données. En effet, les syndicats des médecins libéraux craignent que l'Assurance maladie dispose d'un trop grand contrôle sur les prescriptions. En outre et pour que la dématérialisation fonctionne, il faut encore une nette progression du DMP. Or, l'objectif du gouvernement est d'atteindre 40 millions d'ici 2022. Cela semble objectivement très ambitieux.

Pour le moment, l'Assurance maladie teste cette dématérialisation des ordonnances dans trois départements : le Val-de-Marne (94), le Maine-et-Loire (49) et la Saône-et-Loire (71). Une soixantaine de généralistes et une quarantaine de pharmaciens sont concernés. Aussi, ces médecins délivrent toujours une ordonnance papier au patient. Cette ordonnance dispose tout de même d'un QR code permettant au pharmacien d'accéder à la prescription dématérialisée via cette ordonnance papier. La médecine de ville sera la première sujette à la généralisation de la digitalisation ; elle représente la moitié des prescriptions annuelles (environ 500 millions de prescriptions par an).

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