Actualité de l'assurance : multirisque

La moitié des agriculteurs pourront partir à la retraite d'ici 10 ans

Publié le 26 février 2020
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La campagne n'est plus le seul endroit où démarrer une activité agricole

En plein contexte de la 57e édition du Salon International de l'Agriculture, une question reste en suspens : comment assurer la relève de la génération actuelle d'agriculteurs ? En effet, la moitié des agriculteurs seront en âge de partir à la retraite. La filière cherche donc à attirer les jeunes pour reprendre les exploitations. « L'agriculture vous tend les bras », ont choisi pour thème les organisateurs du Salon.

Départ à la retraite : un problème démographique qui impacte le renouvellement des générations

45 % des agriculteurs seront en âge de partir à la retraite d'ici une dizaine d'années. Ce sont en tout cas les résultats d'une étude de la Mutualité sociale agricole (MSA). Et cette étude donne quelques chiffres supplémentaires, pour le moins explicites :

  • 448 500 chefs d'exploitation en France en 2018 ;
  • 514 000 en 2008 ;
  • 1,1 million en 1988.

D'après Loïc Quellec, membre des Jeunes agriculteurs et en charge du « renouvellement des générations », le taux de remplacement n'est que de 70 % dans la profession. On explique d'abord ce problème par un problème démographique. Après la génération des boomers, on constate un manque démographique certain à l'impact particulièrement néfaste sur l'agriculture française. « Le tableau est sombre, allègue Joël Limouzin, vice président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA). La pyramide des âges, c'est inéluctable, mais parallèlement il n'y a pas assez de candidatures pour des installations. »

Fraçois Purseigle, enseignant à l'INP-ENSAT de Toulouse, chercheur au Cevipof et spécialiste du monde agricole insiste : « deux tiers des chefs d'exploitation partant à la retraite n'ont pas encore repéré de repreneur », explique-t-il, mettant en évidence que le problème n'épargne aucune filière agricole. Pour lui, la forme des exploitations actuelles, encore très familiales et appartenant à un modèle économique plus ancien, ne conviennent plus aux jeunes générations.

Agriculteur : une profession qui n'attire plus (« agribashing », salaires, coût des exploitations...)

Mais au-delà de ces raisons démographiques, la profession d'agriculteur souffre également de ce que l'on appelle « l'agribashing ». En effet, certaines causes politiques ont largement contribué à entacher la branche. Chez les jeunes générations, agriculture est parfois synonyme de maltraitance animale, de pollution (pesticides, produits chimiques...).

Ainsi, Louis Quellec est partisan d'une « communication plus offensive de notre part sur le plus beau métier du monde ». Il met également en évidence les difficultés financières éprouvées par les agriculteurs. Il faut dire que, d'après la MSA, le salaire moyen d'un agriculteur est d'environ 1 250 euros mensuels. Et un tiers d'entre eux gagne moins de 350 euros par mois (!). En outre, la valeur des terres a connu une hausse de 50 %, complexifiant grandement le démarrage ou la reprise d'une activité.

Le profil du métier a évolué

Il faut également noter que le profil de l'agriculteur a bien changé ces dernières années, et cela représente peut-être l'avenir de la branche. On observe plus de femmes qu'avant, mais surtout une entrée plus tardive dans le métier : les hommes à 27 ans en moyenne ; les femmes à 29. « Désormais, ce sont souvent des agriculteurs qui s'installent après avoir eu une expérience de salarié, que ce soit dans des exploitations agricoles ou d'autres secteurs. Ces jeunes empruntent à d'autres activités pour construire leur propre projet. Ce ne sont pas que des reprises d'exploitation, il y a beaucoup de créations qui correspondent à des projets de vie qui s'éloignent du modèle de leurs parents », remarque François Purseigle.

Il ajoute aussi que 4 jeunes sur 5 exerçant la profession sont des enfants de paysans ayant d'abord pris leur indépendance vis-à-vis de la tradition familiale. Certains s'engagent d'ailleurs dans des systèmes d'agricultures biologiques, locaux ou aux environs des zones urbaines. L'enseignant-chercheur insiste sur l'importance de permettre aux jeunes « d'expérimenter le métier ». « Tous les sondages montrent que les Français aiment les agriculteurs. Pourtant, l'agriculture est contestée chaque jour dans sa façon de produire. Compréhensible que les jeunes hésitent à se lancer là-dedans », conclut Joël Limouzin.

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