Actualité de l'assurance : pertes d'exploitation

Bruno Le Maire demande un gel des primes d'assurances pour les restaurateurs

Publié le 04 décembre 2020
 | Rédigé par
247 vues Pas encore de commentaire, soyez le premier.
marteau-justice-tribunal

Les contentieux autour des pertes d'exploitation se sont pour beaucoup terminées au tribunal

La crise de Covid-19 a grandement entamé l'activité des restaurateurs. Par conséquent, Bruno Le Maire, ministre de l'Économie, a demandé le gel des primes d'assurances des restaurateurs aux assureurs d'ici le lundi 7 décembre prochain. Si les assureurs ne se conforment pas à cette demande, le gouvernement fera voter une nouvelle taxe à destination des assureurs dommages.

« Un gel des primes d'assurance pour tout le secteur de l'hôtellerie, des cafés, de la restauration »

Depuis le début de cette crise de Covid-19, moult reproches sont formulés auprès des assureurs : ils ne seraient pas assez présents pour soutenir l'activité de leurs assurés professionnels. Parmi ces assurés, les professionnels du secteur de la restauration sont particulièrement concernés et se battent au cours d'affaires juridiques et contentieux concernant la garantie pertes d'exploitation.

À la suite de ces déboires, le gouvernement avait demandé aux assureurs de clarifier toute ambiguïté autour des clauses des contrats d'assurance multirisque pro contenant une garantie pertes d'exploitation ; ce qu'on fait les assureurs, en excluant le risque pandémique des contrats proposés et, conséquemment, en entraînant la résiliation des contrats des professionnels ne voulant pas accepter l'avenant.

Bruno Le Maire a donc décidé de mettre plus de pression sur les assureurs par cet ultimatum : ils ont jusqu'au lundi 7 décembre pour faire preuve d'un geste de générosité envers les hôtels, bars, cafés et restaurants : « au moins - je dis bien au moins - un gel des primes d'assurance pour tout le secteur de l'hôtellerie, des cafés, de la restauration », d'après ses propos sur LCI. « Aujourd'hui, je n'ai pas de réponse positive », avait-il ajouté après avoir « reçu pour la énième fois les assureurs » ce mardi 1 décembre.

Un geste des assureurs ou une nouvelle taxe à 1,2 milliards d'euros

Que se passerait-il si les assureurs ne voulaient pas faire preuve de solidarité ? Bruno Le Maire appellerait à voter l'amendement du sénateur LR Jean-Paul Husson prévoyant une taxe exceptionnelle sur les primes d'assurance dommages. « Je suis prêt à demander à l'Assemblée qu'on trouve quelque chose de plus équilibré, de plus responsable. Mais à une condition très simple : que les assureurs fassent un geste significatif en direction de l'hôtellerie, des cafés et des restaurants », avait-il expliqué.

Le taux de cette « contribution exceptionnelle » s'est donc vu relevé de 1 à 2 % via un amendement du sénateur centriste Vincent Delahaye. Au total, cette taxe représenterait un coût total de 1,2 milliards d'euros, d'après les estimations de Florence Lustman, présidente de la FFA (Fédération Française de l'Assurance). Elle avait d'ailleurs exprimé sa « sidération » face à l'image dégradée dont souffre le monde de l'assurance et avait dénoncé une « mesure punitive ». Florence Lustman avait aussi ajouté que le coût de cette crise en charges de sinistre allait déjà représenter quelque 2 milliards d'euros.

La crise de Covid a mis en grande difficulté les restaurateurs

Le député LREM Laurent Saint-Martin, qui expliquait qu'il n'appellerait tout de même pas à voter pour l'amendement à la nouvelle lecture à l'Assemblée, avait donc répondu à Florence Lustman et fait part de son « agacement » face à l'assurance. « Je comprends les assurés qui sont, pour reprendre vos termes, sidérés », avait-il rétorqué à la présidente de la FFA avant d'ajouter : « il faut développer un véritable accompagnement qualitatif des entreprises. »

Esseulés, les restaurateurs sont en grande difficulté face à cette crise sanitaire et économique de Covid-19. Mesures de confinements et fermetures administratives sont autant de péripétiees ayant grandement entamé les activités et provoqué d'importantes pertes d'exploitation. Ces dernières n'ont d'ailleurs pas été indemnisées dans l'immense majorité des cas. Les professionnels restent dans l'attente du nouveau régime assurantiel concernant le risque pandémique, qui devrait sortir en 2021 sous l'impulsion du Premier ministre Jean Castex.

Laisser un commentaire
@
* champs obligatoires
Pas encore de commentaire, soyez le premier