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À Bordeaux, un plombier se déplace au guidon d'un vélo-cargo électrique

Publié le 31 janvier 2020
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Pierre-Armand Douillard utilise une version électrique d'un vélo-cargo pour se déplacer

En 2017, Pierre-Armand Douillard a décidé de se reconvertir et de devenir plombier. Depuis lors, cet homme de 35 ans sillonne les rues du centre-ville de Bordeaux au guidon de son Bicycl'Eau, un vélo-cargo électrique biporteur. Il n'a en outre pas oublié de souscrire une assurance décennale et une RC pro (responsabilité civile professionnelle) !

Artisan à vélo : un concept déjà mûrement réfléchi

« Le concept d'artisan à vélo, je l'avais déjà en tête. Je savais qu'un jour j'allais me reconvertir, mais je n'avais pas prévu que ce serait aussi tôt ! », lance Pierre-Armand Douillard, qui avait assisté au lancement des nombreux professionnels à bicyclette à Nantes, sa ville d'origine.

Car cet artisan n'a pas attendu de devenir un cycliste aguerri pour pratiquer une activité physique intense. Avant de devenir plombier, il était (très) sportif. En 2011, il a notamment couru la finale du 50 m aux championnats régionaux en salle des Pays de la Loire. En 2014, il a participé au Marathon de Nantes. Diplômé d'un master Staps, il a été entraîneur de handball mais aussi préparateur physique, métier dans lequel il dirigeait l'accompagnement de particuliers dans le cadre d'une réinsertion professionnelle. « Je coordonnais l'activité physique de personnes en arrêt maladie et prises en charge par l'assurance d'entreprise », explique-t-il.

À ce moment, l'idée commençait déjà à prendre forme : « je souhaitais constituer un réseau national pour décliner ce volet de préparation physique un peu partout en France », allègue-t-il. Mais en 2015, il est brusquement licencié par son employeur, l'empêchant de réaliser son projet. Vivant cela comme une injustice, il porte l'affaire aux prud'hommes et remporte le procès. Puis il fut confronté à une autre difficulté : l'éloignement de son lieu de vie et de son lieu de travail. Il venait tout juste de s'installer à 20 kilomètres de Bergerac, à la campagne dans le Sud-Ouest. « Dans mon secteur d'activité, il était impensable d'y retrouver du travail », allègue-t-il.

Une formation puis un projet écologique qui se réalise

C'est donc à ce moment qu'il a commencé à prospecter les différents métiers qui pouvaient s'offrir à lui. Avec son bagage, il s'est naturellement dirigé vers les métiers du bâtiment. « Ils sont nombreux dans ma famille ! J'ai répondu à une annonce d'électricien qui proposait de former son salarié, se rappelle-t-il. Quand il m'a vu, il m'a conseillé d'être plombier. Et quand je lui ai parlé de mon idée à vélo il m'a dit : "Vous avez un boulevard devant vous !" ».

Il s'est donc formé à l'IDC Pro, un institut de formation à Bergerac pour être détenteur neuf mois après du titre de professionnel d'installateur thermique et sanitaire. Après avoir effectué quelques stages avec Jean-François Renous, plombier de Peneuilh (33), il a finalement réalisé son projet.

Au guidon de son vélo-cargo électrique biporteur, il se déplace en moyenne vingt kilomètres par jour et s'occupe principalement des particuliers du centre de Bordeaux : fuites, robinetterie, canalisations à découcher, maintenance de WC mais aussi changements de radiateurs... et il porte sur son vélo tout son matériel, à l'exception des cumulus et WC. Pour ces éléments et autres livraisons, il fait appel aux services de l'Atelier Remuménage. « Je fais livrer par mes fournisseurs les pièces à l'Atelier et ces derniers les transportent sur le lieu du chantier ou sur mon lieu de stockage, précise l'artisan. Je n'ai pas à gérer la problématique du transport ». Le stationnement n'est pas non plus un problème avec son moyen de transport écologique !

Quels statuts et assurances pour ce plombier quelque peu particulier ?

En 2019, Pierre-Armand Douillard a décidé de déposer le nom de « Bicycl'Eau », avec l'idée de répandre son concept sur le territoire français. Il a donc lancé une licence de marque « juridiquement plus souple que la franchise » pour se rapprocher des professionnels de son secteur mais également des particuliers.

Côté assurances, le plombier ne lésine pas. Avec son statut de « portage entrepreneurial », il n'est pas à la tête d'une entreprise mais reste concerné par la TVA, sans limite de chiffre d'affaires. « Je cotise à la RC pro et à l'assurance décennale, renseigne-t-il. L'intérêt est de n'avoir pas à gérer la partie administrative et je peux me concentrer sur mon activité sans perdre de temps. C'est un choix dans mon modèle économique », affirme-t-il. Travaillant seul, il regrette tout de même ne pas pouvoir adhérer à un syndicat professionnel : « C'est la limite de mon exercice et cela peut voir tendance à m'isoler des collègues ».

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