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Une campagne marketing d'une start-up moque les syndics de copropriété

Publié le 18 mars 2020
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Le syndic s'occupe notamment de la gestion d'une copropriété

Au sein d'une copropriété, le syndic est chargé de missions représentatives mais également de gestion administrative et financière. Mais parfois, des conflits se produisent entre copropriétaires et syndic ; ces derniers ont inspiré la start-up Matera pour réaliser sa dernière campagne marketing. Et cette dernière n'a pas manqué de faire réagir les syndics de copropriété !

La start-up Matera veut « créer un électrochoc » avec sa nouvelle campagne marketing

« Nous souhaitions créer un électrochoc sur la base des reproches que nos clients font à propos de leur ancien syndic », allègue Raphaël di Meglio, cofondateur de Matera (ex-Illicopro), une plateforme de gestion de copropriété créée en 2017. En effet, il n'est pas si rare de surprendre un propriétaire en train de pester contre son syndic de copropriété, à tort ou à raison.

Plusieurs facteurs sont mis en cause par l'entreprise chez les syndics de copropriété : le manque de réactivité et/ou de transparence dans le fonctionnement ainsi que les tarifs pratiqués. Ainsi, à l'occasion de sa dernière campagne marketing, Matera n'a eu aucun remord et a tourné en dérision les syndics de copropriété à l'aide de slogans humoristique et accrocheurs.

« Merci syndic pour votre musique d'attente, je connais maintenant Vivaldi par coeur », « Merci syndic pour l'ascenseur en panne, j'ai des cuisses en béton », « Merci syndic pour les fuites d'eau, c'est tous les jours piscine », « Merci syndic pour le chauffage H.S. ça me permet de garder la tête froide », trouve-t-on sur leurs différentes pancartes affichées dans le métro ou la presse.

Des publicités qui ne plaisent guère aux syndics de copropriété

Toutefois, le coup de communication n'a pas été très apprécié des syndics de copropriété, bien au contraire. La réception est même amère : « Les syndics se sentent injuriés, s'offusque Géraud Delvolvé, délégué général de l'Unis (Union des syndicats de l'immobilier) au Figaro. C'est une campagne « place publique » d'opportunité liée au changement de nom de la société et à la tenue d'ici fin juin d'assemblées générales de copropriétés. »

L'Unis accuse également Matera d'exercer la profession de syndic de copropriété de façon illégale et ne manque pas de le dénoncer aux copropriétaires : « [Matera] propose une offre qui n'est pas le mandat-type réglementaire de syndic et risque de tromper les consommateurs ». En outre, l'Unis ajoute que 72 % des copropriétaires s'estiment satisfaits de leur syndic, d'après les données d'un sondage Ipsos d'octobre 2019. « Dès que les copropriétaires sont mis en face d'offres comparatives biaisées, le devoir de l'Unis est d'agir », allègue Géraud Delvolvé. D'ailleurs l'Union n'exclut pas d'attaquer Matera en justice.

Matera répond aux accusations en expliquant aider les consommateurs

Face à de telles accusations, Matera a voulu se défendre. « Nous ne prétendons pas être un syndic mais un prestataire de services sous contrat avec les copropriétaires qui forment ce syndic, répond Raphaël di Meglio, face aux accusations. Nous exerçons une activité parfaitement légale qui concerne 20% des copropriétés en France. » La start-up affirme être avoir établi des contrats avec environ 25 000 propriétaires et « les aider à prendre les meilleurs décisions pour réduire leurs charges et à terme ne plus avoir à passer par un intermédiaire. »

Pour Raphaël di Meglio, le projet Matera est avant tout du côté des consommateurs. « La rente que constitue parfois l'activité de syndics traditionnels ne doit pas verrouiller le secteur au détriment des consommateurs et de la qualité de service », allègue-t-il en s'appuyant sur l'article 14 de la loi du 10 juillet 1965 : « La collectivité des copropriétaires est constituée en un syndicat qui a la personnalité civile. Le syndicat peut revêtir la forme d’un syndicat coopératif. » Mais pour Géraud Delvolvé, cela n'est gère suffisant. Il réplique : « Le syndic ne peut être qu'un copropriétaire lorsque le syndicat des copropriétaires a adopté ce statut. » Si l'Unis décide de saisir la justice française, cette dernière tranchera.

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