Fiches pratiques de l'assurance pour les artisans et les commerçants

Barbershop : comment ouvrir une boutique et bien s'assurer ?

Publié le 22 novembre 2019
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Un brevet professionnel de coiffure est nécessaire à l'exercice du métier

L'activité du barbier est de plus en plus en vogue dans l'Hexagone. On voit ces petites boutiques fleurir dans les métropoles et leur popularité est croissante avec le grand retour de la barbe. Vous disposez d'un certain pécule ou d'une levée de fonds et vous aimeriez ouvrir un barbershop ? Assurlandpro.com vous explique tout.

Barbershop : un métier que l'on (re)découvre en France

Depuis une petite dizaine d'années, la barbe fait un retour triomphal en France. Elle a été l'apanage des « hipsters » pendant une courte période, qui la préféraient longue et soyeuse, généralement accompagnée d'une bonne paire de sneakers ! Aujourd'hui, la barbe est devenue monnaie courante et est acceptée dans la plupart des entreprises. Barbe longue, de trois jours, courte, sculptée, moustache... Il y a l'embarras du choix !

Et cette recrudescence de la pilosité faciale chez l'homme a naturellement dynamisé une activité qui se faisait auparavant discrète, voire inexistante : le métier de barbier, ou barbershop pour les anglophones. Un salon de barbier est une boutique dans laquelle exerce un professionnel dont le métier consiste à entretenir, tailler et couper la barbe, la moustache mais aussi les cheveux masculins. De façon plus triviale, on pourrait dire qu'un barbershop est un salon de coiffure pour hommes. Par ailleurs, l'option « barbier » a fait son retour dans le brevet professionnel de coiffure en juin 2012, ce qui reste relativement récent !

Pour ouvrir un salon de barbier, il faut donc créer une entreprise, qui devra respecter certaines normes obligatoires en France :

  • normes relatives aux établissements recevant du public (ERP) : sécurité incendie, extincteurs, panneaux de sortie, locaux accessibles aux personnes à mobilité réduite,
  • normes d'hygiène,
  • affichage des prix des prestations,
  • affichages à l'attention du personnel,
  • obligation de verser une cotisation à la SACEM si et seulement si de la musique est diffusée dans la boutique, quel que soit le medium utilisé (radio, poste télévisé, enceinte, platine vinyle...).

De quoi a-t-on besoin pour ouvrir un barbershop ? Diplômes, local, matériel, recrutement...

Outre ces multiples normes relatives à la législation française concernant la plupart des boutiques et magasins, le métier de barbier requiert quelques moyens. Premièrement, il s'agit de diplômes et formations. Plusieurs options s'offrent à vous :

  • Le brevet professionnel de coiffure (BP) : le titulaire de ce brevet peut être au commandes d'un salon de coiffure et in extenso d'un salon de barbier. Il peut être employeur, s'occuper de ses clients et possède de très bonnes compétences en coiffure.
  • Le brevet de maîtrise de coiffure (BM) : en plus d'une qualification avancée, le titulaire d'un BM peut créer et manager plusieurs salons de coiffure à la fois (et donc un barbershop).
  • Un diplôme ou titre équivalent ou supérieur homologué au répertoire national des certifications professionnelles (RNCP).

Il n'est toutefois pas impossible de créer un salon sans pour autant disposer de l'un de ces brevets. Il faudra cependant que l'un des salariés ou que le conjoint du chef d'entreprise (disposant du statut de conjoint collaborateur ou conjoint salarié) soit titulaires de l'un de ces brevets. Le chef d'entreprise ne pourra pas exercer dans ce cas.

En outre, les écoles de coiffure proposent souvent des formations coiffure-barbier, durant généralement 10 à 25 heures. Elles permettent de se familiariser avec le métier et d'acquérir les compétences nécessaires à exercer (rasage, taille, soins, mise en forme...). Il est également possible de se former en tant que salarié dans un barbershop avant de lancer sa propre activité.

Notons aussi que le métier de barbier est classé comme activité de nature artisanale. Il exige d'être immatriculé dans le registre des métiers (RM) et donc d'avoir suivi un stage préalable à l'installation. Ce stage s'effectue en 30 heures (en 5 jours) auprès d'un organisme habilité. Ce stage coûte 194 € depuis la loi PACTE du 1er janvier 2019.

Enfin, si un barbier décide de vendre des produits spécifiques liés à son activité (gel, soin, shampoing, brosse, huile...), il sera affecté en tant qu'activité commerciale. Si le salon compte plus de 10 salariés, il sera obligatoirement considéré comme une activité commerciale.

Un salon de barbier requiert un matériel spécialisé

En ce qui concerne le local, il s'agit de choisir un lieu fréquenté par une clientèle potentielle. De facto, un barbershop haut-de-gamme visera plutôt un quartier huppé, chic ou « bobo » afin d'attirer un client disposant des moyens nécessaires à ce genre de services. A contrario, un salon visant par exemple une clientèle étudiante, plus jeune et disposant moins de moyens sera plus à sa place dans la rue commerçante d'un quartier étudiant ou populaire.

Côté matériel, il faudra disposer d'une somme conséquente afin d'ouvrir un salon fonctionnel. L'investissement initial est conséquent, au delà du local. Fauteuils, bacs, outils de coiffure et de rasage, cosmétiques (huiles, shampoings, gels...), mais aussi équipements nécessaires à la boutique (comptoirs, caisse, terminal de paiement, affiches, magazines...).

L'aspect recrutement importe aussi : une relation de confiance doit s'instaurer entre le barbier et le client pour une bonne fidélisation, clé du business model des barbershops. Il faudra donc bien sélectionner ses collaborateurs pour assurer un accueil des plus chaleureux tout en gardant une grande exigence côté coiffure.

Statuts juridiques et assurances adaptées à l'activité d'un barbier

La question du statut juridique de l'entreprise est également cruciale. Il définira le régime social du dirigeant, l'imposition de la société, la responsabilité des dirigeants face aux potentielles dettes... Plusieurs choix peuvent s'ouvrir :

  • Un statut micro-entrepreneur (ou auto-entrepreneur) : ce régime est simplifié et possède certains intérêts fiscaux. Néanmoins, il implique un plafond pouvant brider le développement de l'entreprise. Il faut s'avoir qu'au delà de 70 000 € de chiffre d'affaires annuel, l'entreprise sera automatiquement déplacée vers un régime d'entreprise individuelle et perdra in fine les avantages du statut micro-entrepreneur.
  • Une création de société est envisageable. Le plus souvent, les barbiers choisissent la SARL ou SAS, voire EURL ou SASU. La création d'entreprise permet en outre de limiter la responsabilité personnelle du gérant.

Et puisqu'on se trouve en plein dans le domaine professionnel, dans une activité « nouvelle » mais déjà très populaire, il faudra passer par la case assurance ! Pour ce qui touche aux biens matériels de l'entreprise, il peut être judicieux de souscrire une assurance couvrant :

  • le commerce et la vitrine,
  • le matériel et les équipements professionnels (bacs, fauteuils, outils...),
  • les éventuels produits mis en vente (cosmétiques, accessoires...).

Une assurance multirisque peut prendre en compte ces différents aspects de l'affaire. Il faut donc bien consulter les conditions du contrat, d'indemnisation et exclusions.

De surcroît, pour les auto-entrepreneurs comme pour les sociétés déclarées, une responsabilité civile professionnelle (RC Pro) est fortement recommandée. En effet, une erreur peut toujours survenir, mettant en danger l'intégrité de l'entreprise : un coup de rasoir de travers, une réaction allergique du client à un produit, des cheveux brûlés lors d'une permanente... La RC Pro couvrira ce type de dommages. Enfin, une assurance perte d'exploitation peut se révéler utile en cas de sinistre lourd tel qu'un dégât des eaux, une chute d'arbre ou un incendie. Elle couvrira la perte financière engrendrée par le sinistre.

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