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Épidémie de grippe aviaire : déjà 200 000 abattages, 400 000 encore en prévision

Publié le 11 janvier 2021
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oie

61 foyers de contamination de grippe aviaire ont été recensés par les autorités

La grippe aviaire est de retour sur le sol français. D'après le dernier bilan du ministère de l'Agriculture, pas moins de 61 foyers de contamination ont été identifiés sur l'ensemble du territoire à la date du 1er janvier dernier. Par ailleurs, 48 d'entre eux se trouvent dans le département des Landes (40). Ce sont donc déjà plus de 200 000 canards qui ont été abattus pour limiter la propagation de l'épidémie. 400 000 bêtes supplémentaires pourraient bel et bien connaître le même sort.

D'importants foyers de contamination de grippe aviaire ont été relevés

Selon le bilan du ministère de l'Agriculture publié le mardi 5 janvier dernier, le nombre de canards déjà abattus pour endiguer la progression de la grippe aviaire, maladie bien connue des aviculteurs, s'élève à plus de 200 000. Parmi les animaux abattus, 100 000 l'ont été au sein même des foyers de contamination déjà recensés ; 104 000 autres l'ont été de manière préventive dans le pourtour de ces foyers, d'après Loïc Evain, chef des services vétérinaires et directeur général adjoint de l'alimentation. « Il en reste à peu près 400 000 à abattre » de manière préventive, a-t-il prévenu. Ces abattages risquent d'engendrer d'importantes pertes pour les agriculteurs concernés.

En outre, le bilan du ministère pointe pas moins de 61 foyers d'influenza aviaire (couramment nommées « grippe aviaire ») très infectieuse à la date du 1er janvier 2021. Sur ces 61 foyers, 48 ont été détectés dans les Landes (40), dans la région Nouvelle Aquitaine. Il faut en effet savoir que ce département est connu pour ses très nombreuses exploitations d'oies et de canards dédiés à la production de foie gras.

Une épidémie de grippe aviaire particulièrement contagieuse

Pour lutter contre la contagion, les autorités ont imposé l'abattage de manière préventive de la totalité des volailles situées dans un rayon d'un kilomètre autour d'un foyer identifié. De surcroît, « tous les palmipèdes claustrés ou non [ndlr : la claustration est l'enfermement dans un lieu clos] » situés dans un rayon entre un et trois kilomètres autour d'un foyers seront abattus, de même toutes les autres espèces de volailles « quand elles ne sont pas claustrées », tel que l'a expliqué Loïc Evain.

« On est face à un épisode exceptionnel avec un virus très, très contagieux » qui « touche des élevages de plein air mais pas seulement », a-t-il ajouté. « Des experts sont réunis en ce moment même » afin d'évaluer la situation. Il poursuit : « Si la propagation du virus continue, il faudra qu'on prenne des mesures encore plus drastiques », lesquelles seront « fondées sur une base scientifique, absolument indispensable pour expliquer aux éleveurs concernés la pertinence des décisions que l'on prend ».

« Au début, on a eu affaire à quatre foyers primaires avec un virus qui vient de la faune sauvage. Ces foyers étaient plus isolés. Là, le virus est arrivé dans une zone d'élevages beaucoup plus dense (la Chalosse) avec une multitude de petites exploitations. Il est dans le cœur et se répand très vite », explique à 20 Minutes Marie-Hélène Cazaubon, éleveuse et présidente de la Chambre d'Agriculture des Landes. Et cela vient s'ajouter à un bilan déjà difficile pour les agriculteurs en 2020.

Des abattages préventifs, jugés « inefficaces » et dénoncés par les syndicats du secteurs

Toutefois, cette décision d'abattre les bêtes de manière préventive autour des foyers d'influenza aviaire est très mal perçue par les professionnels et organisations du secteur. Le mardi 5 janvier, les syndicats agricoles Confédération paysanne et Modef (Mouvement de défense des exploitants familiaux) se sont positionnés contre ces abattages, qu'ils estiment « aussi inefficaces sanitairement qu'inacceptables moralement ».

La Confédération générale de l'aviculture (affiliée à la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles) s'est également prononcées : elle juge « urgent que l'État renforce ses moyens d'action sur le terrain, en collaboration avec la filière, pour agir au plus près et au plus vite » pour arrêter l'épidémie.

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