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Paris : les chauffeurs de VTC dénoncent la fermeture de la rue de Rivoli

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Depuis ce lundi 18 mai, la rue de Rivoli à Paris est fermée aux véhicules à moteur. Seuls les bus, véhicules sanitaires, de livraison et les taxis ont encore l'autorisation d'y circuler. Laissés sur le carreau, les chauffeurs de VTC ont monté un collectif pour dénoncer leur différence de traitement, tout en rappelant leur rôle durant le « Grand Confinement ».

Un collectif de chauffeurs de VTC dénonce une concurrence déloyale

Remontés contre la fermeture de la rue de Rivoli à Paris, 200 chauffeurs de VTC ont monté un collectif représentatif de la profession pour protester contre leur mise au ban. Ces chauffeurs ont uni leur forces pour entamer une procédure judiciaire. Une requête en référé suspension a été déposée devant le tribunal administratif de Paris. Le référé demande une suspension de la fermeture de la rue de Rivoli et, étant donné que la mesure touche économiquement de façon directe les chauffeurs de VTC, la tribunal pourrait prendre sa décision dans les jours à venir.

« Depuis lundi, on est recalés, se désole au Parisien Mickaël Massot, chauffeur indépendant. Sur un trajet entre Bastille et Concorde, un taxi va mettre 10 à 15 minutes et nous en faisant un détour cela nous prendre 35 minutes. C'est déloyal. De plus, je travaille sans Uber, en ayant pour clients les grands hôtels sur ce secteur. Je suis obligé de demander à des personnes de se déplacer et de me rejoindre à 800 mètres parce que je ne peux pas les embarquer s'ils sont sur la rue de Rivoli. Comment voulez-vous que je sois attractif ? », dénonce-t-il.

Paris : fermeture de la rue de Rivoli et d'autres axes

À l'heure actuelle, des agents municipaux assurent la circulation et laissent uniquement passer les taxis, véhicules sanitaires et de livraison rue de Rivoli. La décision a été prise par l'actuel maire de la ville Anne Hidalgo (PS) pour lutter contre la pollution automobile, qui favoriserait le développement et la propagation du coronavirus COVID-19. « Je souhaite qu'il y ait un axe uniquement dédié au vélo et un autre réservé uniquement aux bus, taxis, véhicules d'urgence et véhicules des artisans, mais plus les voitures », avait-elle déclaré le 30 avril. De son côté, la mairie de Paris ne semble pas vouloir reculer.

D'autant plus que ces restrictions de circulation pourraient s'étendre à d'autres rues de la capitale. A priori, la rue Mouffetard (Ve), la rue Saint-Paul (IVe), la rue Saint-Jacques (Ve) et le boulevard Saint-Michel (Ve-VIe) pourraient à leur tour être restreintes. « Ce décret de la mairie de Paris favorise les taxis par rapport aux VTC, dans un secteur concurrentiel, il y a une rupture d'égalité, un déséquilibre, du favoritisme, analyse Rémy Josseaume, l'un des avocats dépositaires de la requête. L'attractivité commerciale des VTC est touchée. Ils vont perdre du temps, les trajets coûteront plus chers. Et ils ne peuvent ni prendre ni déposer un client sur cet axe majeur de Paris où on trouve des boutiques de luxe, du tourisme et des hôtels. Dans son décret, la Mairie de Paris le qualifie d'ailleurs d'emblématique. Et cela aura des répercussions économiques importantes pour tous les VTC. D'ailleurs depuis quelques jours, les taxis communiquent sur cet avantage. »

Impactés par la crise, les chauffeurs de VTC rappellent leur rôle durant le confinement

En outre, le collectif n'a pas manqué de rappeler sa solidarité durant le confinement. Très touchés par la crisé économique engendrée par le COVID-19, certains d'entre eux ont tout de même transporté des soignants à titre gracieux. De surcroît la décision de fermer la rue de Rivoli avait reçu un avis défavorable de la préfecture et les transports en commun sont également vecteurs de propagation du virus. « Pénaliser les VTC ne me semble pas une bonne solution », affirme l'avocat.

« On annonce que c'est provisoire, mais c'était le cas pour le tunnel sous le rond-point de l'Arc-de-Triomphe, pour les voies sur berge et on a bien vu que cela devenait ensuite définitif, poursuivent les avocats du collectif de chauffeurs de VTC. Enfin, il y a un vice de procédure. Si la justification est écologique, il faut une consultation et des études et il n'y en a pas eu. Notamment sur les reports de circulation sur les autres axes », explique-t-il encore.

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