Baromètre fraude 2026 : 85 % des grandes entreprises ciblées, l'IA en première ligne
SOCIÉTÉ Votre devis gratuitLa fraude ne recule pas. Elle s'industrialise. Le Baromètre Fraude 2026 d'Allianz Trade, réalisé avec Odoxa auprès de 315 dirigeants et 1 005 Français, dresse un état des lieux sans ambiguïté : les tentatives se multiplient, les montants détournés augmentent, et l'intelligence artificielle devient un outil au service des fraudeurs. Face à ce risque opérationnel majeur, la préparation des entreprises françaises reste très inégale.
Une menace qui grimpe avec la taille de l'entreprise
Sur les douze derniers mois, seule 1 entreprise sur 3 déclare avoir été ciblée — chiffre trompeur, car il masque des réalités très différentes selon la structure. Parmi les PME, 60 % ont subi au moins une tentative de fraude. Ce taux bondit à 85 % chez les ETI et grandes entreprises, dont 52 % enregistrent une hausse des attaques par rapport à l'année précédente.
Et quand la tentative aboutit, les conséquences sont concrètes : dans 40 % des cas, la fraude se concrétise. 85 % des entreprises victimes subissent un préjudice financier, dont près d'une sur cinq dépasse les 10 000 euros.
La fraude externe domine largement, avec 88 % des attaques impliquant une usurpation d'identité. La fraude au faux fournisseur (42 %) et la fraude au faux client (41 %) arrivent en tête.
"Les résultats montrent très nettement une prédominance des fraudes externes (...). La multiplication des échanges numériques et l'automatisation croissante des relations commerciales rendent aujourd'hui ces fraudes plus complexes et plus difficiles à détecter", précise Ilan Daian, Responsable Assurance Fraude chez Allianz Trade en France.
L'IA, nouvelle arme des fraudeur
76 % des dirigeants estiment que l'intelligence artificielle accroît le risque de fraude. Une préoccupation fondée : les techniques de DeepVoice et DeepFake permettent désormais d'usurper une identité par la voix ou par l'image avec un réalisme difficile à contrer.
Ce constat est partagé par les dirigeants, mais pas encore par les salariés : moins d'un sur deux (47 %) juge que l'IA amplifie le risque. Un décalage de perception qui peut fragiliser la vigilance au niveau opérationnel.
"Les fraudeurs se professionnalisent et exploitent les failles, qu'elles soient technologiques ou organisationnelles. Le fait que 4 tentatives sur 10 aboutissent démontre que le risque est devenu concret, mesurable et potentiellement critique pour la trésorerie des entreprises", ajoute Ilan Daian.
Des dispositifs de protection encore insuffisants
La vérification des coordonnées bancaires reste le seul réflexe majoritaire (55 %), loin devant le rappel téléphonique en cas de modification d'IBAN (41 %) ou la validation renforcée des paiements (40 %). Plus structurant mais moins répandu : seulement 30 % des entreprises forment leurs collaborateurs et 23 % utilisent des outils de cybersécurité. Pire : 16 % n'ont mis en place aucun dispositif spécifique.
La couverture assurantielle reste elle aussi limitée : seules 30 % des entreprises sont assurées contre le risque de fraude. Un taux qui atteint 74 % dans les grandes structures mais tombe à 27 % chez les TPE — alors même que l'impact financier d'une fraude peut y être fatal.
Laurent Treilhes, Président du Comité Exécutif d'Allianz Trade en France, résume l'enjeu : "Notre baromètre fraude 2026 met en évidence un véritable changement d'échelle, avec des attaques plus fréquentes, plus ciblées et plus crédibles (...). L'enjeu des prochaines années sera de transformer cette prise de conscience en une véritable culture de prévention, intégrée à tous les niveaux de l'entreprise."
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