Malgré ce qui a été récemment annoncé – lisez à ce sujet, l’article
Entreprises de la restauration et du bâtiment : TVA réduite préservée – le
taux de TVA réduit dont bénéficiait jusqu’à présent le secteur du
bâtiment n’est plus que de l’histoire ancienne. Ce taux préférentiel a effectivement été
sacrifié sur l’autel de la
rigueur. Au grand
mécontentement des professionnels du secteur.
Une décision qui va favoriser le travail au noir ?
Au nombre des mesures annoncées par le Premier ministre, François Fillon, dans le cadre de son plan de rigueur, l’on trouve une hausse de la TVA jusqu’ici réduite qui passe de 5,5 à 7 % dans les secteurs de la restauration et du bâtiment.
Interrogée sur ce point précis,
Laurence Parisot, patronne du
Mouvement des Entreprises de France (MEDEF), a estimé sur
France 2 que cette hausse était acceptable pour les restaurateurs tout en émettant quelques doutes quant à sa pertinence pour les
artisans et commerçants du bâtiment.
Elle a ainsi déclaré : « Cela me semble un peu plus
délicat à gérer parce que tout d'abord cela fait très longtemps que le bâtiment a un taux de TVA réduit, donc ce serait un changement de perspective assez grand et là, la sensibilité est très réelle pour le client qui a envie de s'offrir des travaux de rénovation » avant d’ajouter en forme d’avertissement : « il faut absolument éviter qu'il y ait de plus en plus de possibilité de
travail au noir. Ce qui est primordial, c'est que les très petites et moyennes entreprises soient protégées. La vitalité économique de notre pays dépend essentiellement de nos
PME ».
Un « coup de massue » pour les professionnels
De son côté, la Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (CAPEB) a évoqué un véritable « coup de massue ». Son président, Patrick Liébus, considère : « Le Gouvernement a décidé d'anticiper un net ralentissement de la croissance et de compenser cette dernière par une recherche de 8 milliards d’euros. Avec l'augmentation de la TVA dans le bâtiment, il fait plus et pire : il provoque lui-même un ralentissement de l’économie et se tire ainsi une balle dans le pied. Conséquence : contrairement à ce qu’affirme le Premier Ministre, il affaiblit l’un des secteurs les meilleurs contributeurs à la croissance ».
D’après la CAPEB, la décision du gouvernement se traduira par les « maux » suivants pour les
commerçants et artisans :
• un chiffre d’affaires en recul d’un milliard d’euros
• la disparition, directe et indirecte, de 10 000 emplois
• le retour du travail au noir
Source : NouvelObs.com